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Jocelyne Troccaz reçoit l’insigne de Chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur

le 28 novembre 2016

« Chercheur n’est pas vraiment un métier, c’est plutôt une espèce d’état de l’être »

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La communauté scientifique était réunie ce lundi 28 novembre 2016 pour la remise de l’insigne de Chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur à Jocelyne Troccaz, directrice de recherche du CNRS. Cette prestigieuse cérémonie s’est déroulée dans les locaux de la Communauté Université Grenoble Alpes en présence de très nombreuses personnalités, mais également de ses amis et de sa famille.

Un parcours scientifique exceptionnel aux bénéfices des patients

Reconnus aux niveaux national et international, ses travaux concernent la robotique et l’imagerie médicales ainsi que l’enseignement de la médecine assistée par ordinateur. Elle a permis d’accélérer l’intégration et l’utilisation des robots dans le milieu médical. Les recherches de Jocelyne Troccaz ont prouvé que la robotique pouvait aider le chirurgien à mieux soigner ses patients.

Geneviève Fioraso, ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, députée de l’Isère, Patrick Lévy, président de la Communauté Université Grenoble Alpes, Philippe Cinquin, Directeur du laboratoire TIMC-IMAG et Renée Grillot, professeure émérite de l’Université Grenoble Alpes, doyenne honoraire de la Faculté de Pharmacie ont rendu un vibrant hommage à cette femme de sciences dont le parcours professionnel tout à fait exceptionnel a déjà été maintes fois primé.

 

De gauche à droite : Philippe Cinquin, Lise Dumasy, Renée Grillot, Jocelyne Troccaz, Geneviève Fioraso, Patrick Lévy

« Je suis extrêmement honoré de participer à cette cérémonie prestigieuse » a avoué Patrick Lévy à Jocelyne Troccaz, « elle récompense ton engagement de nombreuses années. Curieuse et imaginative, tu t’es toujours intéressée à bien des domaines différents et as promu la pluridisciplinarité au sein de tes équipes de recherches. » a-t-il souligné « Tu peux être fière de nous inspirer autant aujourd’hui et depuis des années. J’aimerais saluer la collègue, la collaboratrice de plusieurs années : le brillant parcours d’une femme exceptionnelle, qui contribue au prestige de notre site et à sa visibilité sur la scène internationale ».

Geneviève Fioraso a quant à elle salué « Une femme de science exceptionnelle dans un milieu où celles-ci sont encore trop rares. Cela rend ce parcours encore plus impressionnant. » « Ce que je retiens aussi, chez vous, c’est aussi votre curiosité et votre goût pour les territoires inconnus. Dans un pays où la prise de risques n’est pas valorisée, où l’on n’apprend pas assez à rebondir de ses erreurs, vous n’avez pas eu peur d’emprunter des chemins nouveaux. »

Philippe Cinquin, s’est ensuite adressé à son amie depuis 30 ans, « Tu as accompli de véritables ruptures scientifiques, la liste serait trop longue, je vais simplement parler de la robotique synergistique pour laquelle tu as été la première à avoir l’idée d’un mode très original de coopération entre le chirurgien et le robot. Ce concept a beaucoup de succès aujourd’hui sous le nom de co-manipulation ou les méthodes de fusion multimodales que tu as inventées et qui sont en train de révolutionner le diagnostic du cancer de la prostate par ponction de biopsie. Ton travail a contribué à soigner plusieurs milliers de patients dans des domaines très variés. Mais ce que je retiens avant tout c’est ta gentillesse et ta générosité perpétuelle au service de ta communauté scientifique en formant près de 30 doctorants, en prenant des responsabilités dans le laboratoire, en soutenant des start-up comme Koelis ou encore pour ton engagement dans la cause pour l’égalité homme-femme. Pour finir, je voudrais dire tout le bonheur que nous avons tous de travailler avec toi, nous t’aimons tous Joce et sommes honorés par la distinction que tu reçois aujourd’hui. »

Renée Grillot est revenue sur les conditions d’attribution de la Légion d’honneur et le parcours hors du commun couvert de prix prestigieux : « Jocelyne Troccaz, a été responsable de l’équipe Gestes Médico-Chirurgicaux Assistés par Ordinateur (GMCAO) du Laboratoire TIMC-IMAG (CNRS, UGA, Grenoble INP) de 1996 à 2013 dont elle a été directrice adjointe de 2006 à 2015 aux côtés de Philippe Cinquin. Jocelyne Troccaz coordonne, depuis 2013, l’axe médical de l’Equipex ROBOTEX qui vise à créer un réseau national de plateformes robotiques. Elle a, par ailleurs, joué un rôle essentiel dans le lancement de quatre start-up ayant permis de faire passer bon nombre de ses résultats au stade industriel. Ses recherches les plus récentes sur l’aide à la ponction de prostate font déjà autorité. En permettant le guidage plus précis de la ponction, la méthode qu’elle a mise au point devrait améliorer la prise en charge du cancer de la prostate, de loin le plus fréquent chez l’homme. Jocelyne a été mainte fois primées : MICCAI fellow » en 2009, lauréate d’un Contrat Hospitalier de Recherche Translationnelle de l’INSERM de 2010 à 2013 avec le service d’urologie du CHU Grenoble Alpes, Prix de l’Académie Nationale de Chirurgie, membre libre de l’Académie Nationale de Chirurgie depuis 2014 et médaille d’argent du CNRS en 2015. il pas inapproprié de rappeler que parmi les quelques 1320 DR1 toutes sections confondues, 23,3 % seulement sont des femmes…et qu’elles sont moins de 20% parmi les DR rattachées aux sections : mathématiques, physique, informatique… Pour se projeter professionnellement dans des carrières scientifiques, les étudiantes ont besoin de modèles : il ne fait nul doute que le modèle « Joce » fera largement école ! »
 

Remise de l'insigne par Renée Grillot. « Jocelyne TROCCAZ, au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui nous ont été conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion d’Honneur »

Jocelyne Troccaz, très émue, a tenu à remercier l’assemblée et s’est dit extrêmement honorée par cette distinction. Elle a ensuite proposé un regard plus intime de son parcours. « Je souhaite dédier cette insigne à mes parents qui aurait été très fiers. Je sais qu’ils ont été heureux que j’emprunte l’ascenseur social grâce à la réussite scolaire qui laissait présager pour moi une vie beaucoup plus facile et confortable que la leur. Je les remercie véritablement de n’avoir pas refreiné ma curiosité et mon goût de savoir et de comprendre. La robotique a peut-être un peu quelque chose à voir avec la mécanique, métier initial de mon père, et mon goût immodéré, enfant, pour le démontage des réveils. 

La vie est faite de rencontres et certaines d’entre elles furent déterminantes. Il y a des personnes qui vous stimulent et vous donnent envie de vous surpasser et puis tous ceux qui attisent votre curiosité et votre envie de savoir. J’ai commencé à faire de la robotique dans l’équipe « Intelligence Artificielle, Robotique et Vision » dirigée par Jean-Claude Latombe, professeur à l’INPG (Grenoble INP). Mon désir de mieux comprendre la saisie humaine m’a amené vers l’anatomie et vers la neurophysiologie pour aborder finalement sur les rives de la médecine. Au début de ma thèse j’ai été boursière du programme « ARA » (automatique et robotique avancées) du CNRS, et j’ai fait la connaissance de Georges Giralt qui en était l’initiateur et le responsable national. Georges m’a accordé sa confiance dès notre première rencontre ; il m’a permis de présenter mes travaux de thèse dans des conférences internationales prestigieuses où j’étais la « petite jeunette » et une des très rares femmes. Et puis, dans cette aventure humaine, il y a toutes les personnes rencontrées dans ma seconde vie scientifique à TIMC. Philippe [Cinquin] tu m’as accueillie avec Jacques Demongeot pour un an dans votre équipe… et tu m’as embarquée dans ta fusée en me transmettant ton enthousiasme sans limite ; je pense que ça a été ça mon aventure spatiale finalement parce qu’on peut dire que ça décoiffe de travailler avec toi – ce n’est pas toujours très reposant mais c’est vraiment une sacrée aventure. Je t’en remercie. J’ai vraiment eu une révélation de l’ordre de la vocation quand j’ai découvert ce domaine d’application médicale alors qu’étrangement, je n’avais jamais eu aucun attrait particulier pour la médecine et cette passion ne m’a pas quittée depuis lors ; j’ai travaillé avec de nombreuses équipes cliniques principalement au CHU mais aussi à la Pitié Salpêtrière et toutes les applications cliniques abordées et ce que j’ai appris de médecine et ce que j’ai vu d’humanisme auprès des équipes cliniques m’a véritablement nourrie et fait grandir.

Pour moi, ce travail n’est pas tout à fait un travail. Chercheur n’est pas vraiment un métier, c’est plutôt une espèce d’état de l’être. Je voudrais terminer en remerciant Pierre, mon compagnon de cordée depuis que j’ai 19 ans. Nous nous sommes rencontrés dans cette université. Pierre m’a toujours soutenue dans mes choix et sa présence active dans notre vie quotidienne et familiale m’a permis de m’épanouir dans ma vie professionnelle. Il est évidemment bien plus et m’a permis de toujours garder un cap dans les tempêtes de ma vie personnelle. Merci à toi Pierre du fond du cœur. »



Photo de l'équipe TIMC-IMAG. Jocelyne a remercié l’ensemble de son laboratoire car la recherche, c’est un travail d’équipe.

Les Gestes Médico-Chirurgicaux Assistés par ordinateur

L’objectif majeur de l’équipe Gestes Médico-Chirurgicaux Assistés par ordinateur (GMCAO) est clinique : il s’agit d’assister le médecin et le chirurgien dans la réalisation de gestes diagnostiques ou thérapeutiques les plus précis et les moins invasifs possibles. Cet objectif nécessite l’exploitation quantitative de données médicales multi-modales et de connaissances à priori, la fusion de ces données , la planification de l’intervention optimale par rapport à un critère donné ( par exemple : position optimale d’une prothèse, délivrance optimale d’une dose de radiation pour traiter une tumeur) et la mise en œuvre de systèmes de guidage permettant de réaliser la stratégie planifiée de façon la plus précise et la plus sûre possible. Cet objectif clinique génère une problématique scientifique et est supporté par une vision industrielle.

Vidéo : l’objet de mes recherches 


Mise à jour le 5 décembre 2016

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